La propriétaire de «Michka» le caniche a écopé d’une grosse bûche. Le chien étant coupable d’avoir souillé le domaine public.
Agnès, la propriétaire de Michka, l’a mauvaise.
Image: Maxime Schmid
Agnès en est encore toute retournée. La septuagénaire vient de recevoir une amende de 350 francs (dont 150 francs d’émoluments). Tout ça parce que son caniche nain a fait quelques gouttes sur le trottoir, à deux pas de la gare Cornavin. C’était le 11 novembre dernier. «Je descendais du bus, raconte-t-elle. «Michka» était dans mon sac. Je l’ai libéré une fois sortie du bus, il était en laisse. A ce moment-là, j’ai entendu quelqu’un crier «Madame, madame! Ça ne vous dérange pas que votre chien fasse pipi?» J’ai tourné la tête et me suis retrouvée face à un agent de la police municipale. Il m’a demandé mes papiers. Je tremblais, tout le monde regardait. J’ai vraiment eu l’impression d’être une criminelle. Quand on voit tous les dealers qui traînent dans le quartier…»
Incompréhension
Agnès comprend alors qu’elle va être bûchée. Elle sort son portable, fait une photo des trois gouttes du pipi. Le policier municipal la retient «environ un quart d’heure» selon elle, contrôlant ses papiers, la médaille du caniche… Tout est en règle. Mais «Michka» n’y tient plus: il lâche une crotte devant le policier. Agnès ramasse avec un sachet. «Je suis de la vieille génération, vous savez, je n’ai jamais jeté un papier par terre!» Le même jour, la propriétaire du chien se rend au poste de police municipale des Pâquis pour expliquer sa mésaventure avec le fonctionnaire. On la rassure. Pour Agnès, l’affaire semble close. Jusqu’à ce qu’elle reçoive l’ordonnance pénale du Service des contraventions. Son fils, Roman, propriétaire d’un pub, soutient sa mère: «C’est un comble. Ici, tous les jours ou presque, on ramasse sur le trottoir des crottes, des poissons pourris et j’en passe. Je ne vous dis pas le nombre de fois où des gens urinent sur ma vitrine et personne n’est là pour les coller!» Et d’ajouter que 350 francs pour une retraitée, c’est «une grosse somme, complètement disproportionnée».
La loi sur les chiens indique que le détenteur doit empêcher son animal de souiller le domaine public. Dans la pratique, amender pour un pipi de chien sur un trottoir est plutôt rare, tant il est difficile de constater le flagrant délit… «Nous ne menons pas d’action coup-de-poing sur ce sujet si ce n’est en été, aux abords des parcs et des aires de jeu», indique Antonio Pizzoferrato. Le chef du Service de la sécurité et des espaces publics de la Ville de Genève précise que la dénonciation se fait à la discrétion de l’agent et que les montants ne sont pas fixés par la Municipalité mais par le canton. (Le Matin)